Hiérarchie d'une meute

 L’ordre hiérarchique d’une meute

On d'istingue un chef, et des inférieurs hiérarchiques. Le chef de meute peut être indifféremment d’un mâle (dit Alpha) ou d’une femelle (dite alpha). Mais comment ces rôles s’établissent- ils ?

Il est fréquent que le chef de meute soit le sujet le plus fort, le plus intelligent et le plus expérimenté :

Un triple ordre hiérarchique sera créé de manière spontanée et naturelle : chefs, intermédiaires et inférieurs (à savoir les derniers arrivés, les sujets les plus jeunes et les plus inexpérimentés).

 

Mère Nature a pour principal objectif d’assurer la survie de l’espèce. D’un autre côté, pour que l’espèce survive, Plus il sera de haute qualité, plus l’espèce se fortifiera et aura davantage de chances de survivre. Le problème est donc le suivant : seul un combat permettra d’identifier le meilleur des deux candidats au poste de sujet alpha.

Mais dans le cas où le plus fort remporterait simplement la victoire et où l’autre serait tué, il se produirait deux conséquences désagréables : le vainqueur pourrait lui aussi être gravement blessé, et le patrimoine génétique représenté par le perdant serait ce qui ne s’avérerait d’aucune utilité pour l’espèce. Le simple fait d’avoir tenté de défier le vainqueur prouve que ce chien ne doit surtout pas être éliminé, car il s’agit d’un bon sujet, sain, courageux et sûr de lui. Peut-être l’est-il « moins » que son collègue, mais sa mort équivaudrait quoi qu’il en soit à un stupide gaspillage biologique.

Dans la mesure où mère Nature rejette catégoriquement ce concept, le problème a été résolu par la ritualisation. Avant d’arriver véritablement à se mordre, les deux adversaires suivent un schéma d’attitudes et de mimiques qui suffit très souvent à distribuer les rôles. La « scénographie » s’avère très rarement insuffisante et évite en général de passer aux voies de fait.

Ces rituels consistent en une série de mimiques corporelles et faciales ; général, l’animal se « grossit » ou se « rapetisse », le corps constituant soit une marque de domination, soit de soumission. Une queue haute, une tête bien droite avec des oreilles pointées en avant, etc., représentent par conséquent des signaux de force, et leurs contraires (tête basse, oreilles rabattues en arrière, queue entre les pattes, etc.), des signaux de faiblesse.

Un regard fixe et attentif traduit la domination, et un regard bas et/ou fuyant la soumission. En cas de conflit, par conséquent, le chien qui s’estime dominant adoptera les postures classiques du chef, en menaçant l’adversaire par des mimiques corporelles et faciales ; l’autre réagira soit par la même attitude dominante, soit par un comportement mal assuré qui se transformera peu de temps après en marques de soumission. Mais tout n’est pas toujours blanc ou bien noir, au contraire !

Dans la très grande majorité des affrontements, il n’y a pas un sujet A « complètement dominant » et un sujet B « complètement soumis » : si tel était le cas, il n’y aurait aucune raison de lancer le défi ! On voit en revanche beaucoup plus souvent des sujets qui, par exemple, s’avèrent « dominants devant et soumis derrière », en découvrant leurs dents, mais en gardant leur queue entre les pattes.

Dès les premières escarmouches, un spectateur expérimenté saisira assez facilement si l’un des adversaires finira par se rendre (en exposant son ventre dans le geste de soumission totale classique), s’il prendra la fuite (une réaction très fréquente quand un sujet refuse de se soumettre, mais se rend compte qu’il n’a pas non plus les moyens de dominer l’autre), ou s’il existe vraiment un risque de combat à mort. Les combats véritablement dramatiques sont rarissimes.

Les chiens qui grandissent avec leurs deux parents (ou tout au moins avec un mâle et une femelle adultes) apprennent mieux et plus vite les règles de ce que l’on pourrait appeler le « savoir-faire canin ».

Un chef de meute est toujours « élu » ; viennent ensuite les membres d’un niveau hiérarchique moyen et, enfin, les inférieurs. Les chiots appartiennent automatiquement à cette dernière catégorie de même, parfois, que les adultes les moins favorisés, physiquement ou psychiquement.

Les chiens de rang inférieur ne se considèrent absolument pas comme de pauvres petits et se trouvent très bien ainsi ! Il leur arrive peut-être de manger en dernier, de ne pas pouvoir s’accoupler et de devoir se renverser deux cents fois par jour pour prouver leur respect et leur soumission aux chefs, mais ils ne sont pas malheureux pour autant. C’est leur nature, ils la suivent et sont en paix avec eux-mêmes. Le seul moyen d’en faire de vrais malheureux consisterait à les contraindre de jouer un rôle qui ne leur revient pas et qu’ils ne sont pas en mesure d’assumer.

Une femelle alpha peu rentrer en conflit avec une femelle qui entre en chaleur pour peu qu’on en arrive à l’affrontement véritable et que la jeune femelle décide de se retirer. Bien entendu, quand un conflit oppose des femelles, rien ne dit que la défaite soit obligatoirement du côté de la plus jeune : il arrive que cette dernière ait atteint une maturité psychophysique suffisante pour mériter elle-même le rôle de femelle alpha. Lorsque tel est le cas, l’ancienne chef cède la place à la nouvelle.

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